Une figure éminente de la spiritualité et du savoir au Maroc saadien.
Ahmad ibn Qasim al-Sawmaʿī الصومعي est le nom sous lequel est connu Abou al-‘Abbas Ahmad ibn Abi al-Qasim ibn Mouhammed ibn Salim ibn ‘Abdi l-‘Aziz ibn Chou‘ayb ach-Cha‘bi al-Harawi az-Zamrani at-Tadili, enterré à as-Sawma‘a, dans la région de Tadla.
Naissance et enfance
Ahmad as-Sawma‘i est né dans la localité d’as-Sawma‘a, près de Béni Mellal, au sein d’un milieu savant et spirituel. Mohammed Hajji, Lévi-Provençal et Brockelmann s'accordent pour situer sa naissance aux alentours de l'an 920 H (1514 G). Cependant, le professeur Ali al-Jawi, éditeur de l'ouvrage al-Ma‘za, penche pour l'an 941 H, en se basant sur le témoignage de Mohammed al-Mahdi al-Fasi selon lequel as-Sawma‘i est décédé en 1013 H à l'âge de 72 ans.
Formation et maîtres
Son parcours éducatif se divise en deux étapes :
La Zaouïa d’as-Sawma‘a : Il y apprit le Coran auprès du cheikh Sa‘id Amsnaw. Il reçut l’éducation spirituelle auprès du grand cheikh Sidi ‘Ali ibn Ibrahim al-Bouzaidi, fondateur de la Zaouïa d’Agrid, puis, après son décès, il suivit le cheikh Ahmad ibn ‘Ali ad-Dar‘i.
Fès : Il s'y rendit en quête de savoir. Il y étudia notamment la croyance connue sous le nom de Kobra as-Sanoussi en 966 H auprès de son maître Abou al-‘Abbas Ahmad ibn Mouhammed al-‘Abbadi at-Tilimsani. Il retourna à Béni Mellal après avoir acquis une science solide, particulièrement en jurisprudence (fiqh), en littérature et en histoire. Il a également puisé auprès des disciples du cheikh Ahmad Zarrouq : les cheikhs Ya‘za al-Jazouli et Mouhammed ibn ‘Ali al-Kharroubi at-Tarablousi.
Zaouïa et activité d’enseignement
Il a œuvré à la diffusion du savoir. Il disait : « J'enseignais aux enfants et je lisais avec un groupe d'étudiants, dont le nombre oscillait entre quatre-vingts et cent personnes, entre enfants, étudiants étrangers et résidents. »
Ses ouvrages
Il a laissé un riche héritage scientifique. Al-Maqqari rapporte qu'il a produit soixante volumes. Parmi les plus notables :
Ad-Dourar an-Nafissa fi fada'il ad-ad‘iyati ach-charifa.
Az-Zahratou al-mounifa fi fadli hizbi al-mouridi al-hadhiq.
Loubabou al-loubab fi mou‘amalati al-Maliki al-Wahhab (en deux volumes).
Tashih al-Bidayah wa tahqiq an-Nihayah.
Al-Ma‘za fi manaqibi ach-Cheikh Abi Ya‘za (son ouvrage le plus célèbre, édité par le professeur Ali al-Jawi en 1996). Il était un grand bibliophile, laissant à sa mort près de 1 080 volumes.
Témoignages des savants à son sujet
Ahmad al-Maqqari at-Tilimsani (décédé en 1041 H) écrit dans Rawdatou al-As : « J'ai rencontré l'auteur à Marrakech, j'ai étudié auprès de lui et j'en ai tiré profit. C'est l'un des signes de la puissance de Dieu dans l'effort sur soi (moujahadah) ; il ne cessait jamais ses efforts, consacrant ses journées et ses nuits aux actes d'obéissance, à la prière, à l'évocation (dhikr), à la lecture du Coran et à l'enseignement des sciences de la réalité spirituelle. J'ai été stupéfait par sa vaste connaissance des récits des gens de bien. »
Épreuve politique avec les Saadiens
Son exil à Marrakech est dû à un différend avec Zaydan ibn Ahmad al-Mansour adh-Dhahabi, alors gouverneur de Tadla, au sujet du titre de son livre al-Ma‘za. Ce différend mena à des tensions exacerbées, forçant son exil. Les chercheurs supposent que cela masquait une position politique d’as-Sawma‘i concernant les troubles de l'époque.
Décès et sépulture
Il retourna à sa zaouïa dès le décès d’Ahmad al-Mansour adh-Dhahabi. Il est décédé, qu’Allah lui fasse miséricorde, en 1013 H et fut enterré dans sa zaouïa à as-Sawma‘a. Sa sépulture est connue et visitée. Il est aujourd'hui célèbre sous le nom de « Sidi Ahmad ibn Qasim », et sa zaouïa, près d'Aïn Asserdoun, est l'un des lieux les plus visités de la ville de Béni Mellal.

