Mouhammed El Bahloul, Maitre de Alalwa

Mouhammed El Bahloul, Maitre de Alalwa

Mouhammed El Bahloul est un descendant du prophète Mouhammad, paix et salut sur lui , qui a vécu à l’époque de l’homme fort de la dynastie Alaouite Moulay Isma^il.

Sidi Mouhammed El Bahloul était un chérif Idrissi de la descendance de Ahmed Ben Idriss Al Azhar Ben Idriss Al Akbar, et sa généalogie authentique est la suivante « Il était fils de Ahmed Ben Abdallah Ben Abdel Khalek Ben Ali Ben Abdel Kader Ben Ameur Ben Riah Ben Dahou Ben Mesbah Ben Salah Ben Saïd Ben Mohamed Ben Abdallah Ben Mohamed Ahmed Ben Idriss Al Azhar Ben Idriss Al Akbar Ben Abdallah Al Kamil Ben Hassan Al Mouthanna Ben Hassan Asssibt Ben Ali et fils de Moulatna Fatima Azhara Bent Sayedina Mohamed Rasouloul’Allah (paix et salut sur lui).

Sidi Mouhammed El Bahloul était originaire de la ville dite Meknes Az-Zaitoun, il vécut au 11 ème siècle de l’ Hégire. Sidi Mouhammed El Bahloul quitta sa famille à la suite de dissentiments avec celle-ci, il s’installa tout prés des Oulad Chebana, il se maria avec trois femmes, et de ces trois mariages, il engendra dix fils qui se nomment : Ahmed, Abdallah, Sebata, El Maarouffi, Si M’fadell, Ba Hamou, Ali, Moussa, Abd L’Aallih, et Mahmed, ils sont les ancêtres des des dix fractions qui existent chez les BAHLAS . Mahmed El Bahloul a appris la science chez Ahmes ibnou ^AzizIbnou sidi Rahal al Boudali.

C ‘est donc un élève du fils de Sidi Rahal. On l’appelait Mouhammad Bahloul Sahwani, c ‘est à dire celui qui a des moments d’absence dus à l’intensité de sa méditation, il était dans ces moments là comme déconnecté de la réalité. C’était un voyageur, il a vécu dans plusieurs tribus, douars et s’est beaucoup déplacé car comme c’était un homme de science, il ordonnait le bien et interdisait le mal mais les gens n’acceptaient pas ses rappels et le rejetaient. A cette époque les gens s’étaient écartés de la religion et peu recherchaient la science. Parmi ses paroles, sagesses : « Un endroit où tu es maltraité, tu le laisse même si c’est un endroit plein d’argent , de jardins… et un endroit où tu te sens bien, même si il y a la famine, tu y restes. C’est lui aussi qui a dit : « tu choisis la maison avant le voisin ». Parmi les tribus qu’ il a aimé , il y a celle des Laounates, c’est une région à Doukkala où il y avait beaucoup de savants à l’époque.

Il y a donc bien été accueilli mais il n’y est pas resté car il devait propager la science, c’était un devoir, il a donc continué son chemin pour arriver à Ouled Sa^id mais là aussi il y avait des gens de science. Sidi Bil Gacem, un walliy de la région de Béni Meskine a dit de lui qu’il était arrivé al qoutbiya, c’était un grand savant Maliki. Il a rencontré un autre grand savant: Al Youssi qui n’a rien trouvé à lui reprocher alors que Youssi était connu comme étant l’opposant de toute mauvaise innovation, qu’ il n’hésitait pas à se déplacer pour aller les dénoncer et qu’il a même écrit au roi de l’époque pour le blâmer, il n’avait pas peur d’ordonner le bien et d’interdire le mal, de blâmer ce qui était blâmable.

Parmi ses prodiges, quand il est arrivé à Laounate avec ses élèves, il a rencontré une femme et lui a demandé : où est ton mari ?, elle était veuve, alors, il a d’abord pris la précaution de lui demander si elle avait des orphelins encore à sa charge avant de lui demander à manger. En effet manger du bien des orphelins est un grand péché, et il avait la volonté de toujours rester dans le hallal, le licite. Ses enfants étaient grands , elle a accepté de leur donner à manger et à la fin du repas il a fait une invocation pour elle : il a demandé a Allah que toute personne malade guérisse seulement en la voyant. Peu après le fils aîné de la femme est arrivé, il a senti la baraka en lui et lui a égorgé un mouton, de même quand son autre fils est arrivé, il a égorgé un mouton lui aussi mais de meilleure qualité encore que le premier. De là vient la tradition qui s’est perpétuée jusqu’à nos jours à Laounate d’égorger chaque année à côté de sa tombe deux moutons qui sont ensuite distribués aux pauvres en l’honneur de sidi Mouhammad ben bahloul.

Les gens de Laounate ont été appelés les serviteurs (al khadem) en raison de leur dévouement aux gens de science et de piété comme Sidi Mouhammad ben Bahloul mais aussi Sidi Rahal ou Moulay Bouchaîb. Toute fête de mariage au Maroc commence par la chanson intitulée Al ^Alwa qui fait les éloges de sidi Mouhammad ben Bahloul. C’est une chanson très ancienne ou il est conseillé de le visiter le vendredi et de s’abstenir de parler pendant la visite. Par contre dans certaine version de cette chanson il faut faire très attention car il y a des paroles d’apostasie, c’est à dire des paroles qui font sortir de l’islam la personne qui les prononce car elles sont en contradiction avec les fondements même de l’Islam, elles rompt l’Islam de la personne et l’annulent.. En effet, à un moment, ils disent : « mon seigneur, pourquoi m’as tu fais ça ? », en arabe : » mali ya rabi mali; mali mine douni nasse » par ces paroles , ils s’opposent à la volonté de Allah et deviennent apostats. Mouhammed El Bahloul est enterré dans le douar de Bahla dans un endroit appelé Al ^Alwa dans la région de Mzab qui comprend un grand nombre de douar et la ville de Ben Ahmed (voir carte).

En arabe, al ^alwa a le sens de hauteur, sommet, et en effet cet endroit surplombe la région, c’est un lieu favorisant la méditation mais aussi un lieu propice aux observations des levés et couchers du soleil permettant la détermination précise des horaires des prières.

Sidi Mahmed El Bahloul était un Faqih malikiy et ache^ariy de croyance. Il a laissé des vers de poésie. Parmi les chansons connues dans le monde Arabe, il y a : Anna mani fihach, les paroles sont de Sidi mouhammad ben Bahloul, il y dit : pourquoi je me casse la tête à rechercher ma subsistance alors qu’elle arrive jusqu’à moi. Quand je suis né, je ne savais pas comment trouver ni boire ni manger, ni pour me vêtir et Allah m’a accordé tout cela. Il parle donc de ce qu’il faut croire au sujet de la prédestination, du fait que ce que Allah veut est et ce que Allah ne veut pas n’est pas dans tous les cas. أنا ما لي فياش اش عليا مني نقلق من رزقي لاش و الخالق يرزقني أنا عبد ربي له قدرة يهون بها كل أمر عسير فان كنت عبدا ضعيف القوى فربي على كل شيء قدير مني اش عليا أنا عبد مملوك و الأشيا مقضيا ما في التحقيق شكوك ربي ناظر فيا و نا نظري متروك في الأرحام و في الأحشا من نطفة صورني أنا ما لي فياش اش عليا مني نقلق من رزقي لاش و الخالق يرزقني يقول لما شاء كن فيكون و يبدىء سبحانه و يعيد و يحكم في خلقه ما يشا و يفعل في ملكه ما يريد في ظلمة الأرحام صورني من نطفا و بدأني بالأنعام نعمة من كل صنفا و خلق لي ما و طعام و نعايم مختلفا و نزلت من غير قماش غطاني و سترني أنا ما لي فياش اش عليا مني نقلق من رزقي لاش و الخالق يرزقني و ما زال يسترني دائما فسبحانه من حكيم عليم و لا لي حول و لا قوة الا بالله العلي العظيم ما ازددت الا عريان ما نعرف ذا من ذا ستر الله المنان خلق للروح غدا لمن يجري بمنان بشرابو نتغذا و جعل لي الأعرض فراش و السما سقفا مبني أنا ما لي فياش اش عليا مني

Abdullah Ibn Yassin

Abdullah Ibn Yassin

Abdullah Ibn Yassin, natif du Souss (Maroc), est le leader spirituel de la dynastie des Almoravides. Vers le milieu du XIe siècle, au retour de Yahya Ibn Ibrahim el-Godali (chef des Godala) et des notables de sa tribu du pèlerinage de la Mecque, il rencontra à Kairouan un professeur de droit malékite, originaire du Maroc, Abou-imran el Fasi. Se rendant compte de son ignorance, il lui demanda un de ses disciples pour enseigner le Coran aux tribus sanhadjiennes du désert. Mais aucun citadin qui entourait le maître ne voulut prêcher de si rudes compagnons. Abou-imran indiqua alors Yahya, un savant de l’extrême Souss susceptible de trouver un prédicateur parmi ses étudiants.

L’un d’entre eux, Abdullah Ibn Yassin, accepta de suivre le chef des Lemtouna. A travers les textes d’Al-Bakri, Abdullah Ibn Yassin est savant au regard des Sahariens ignorants, mais de la science d’un petit lettré du Souss, pourvu d’un mince bagage, très amateur de femmes ; habile meneur d’hommes plus qu’un doctrinaire[1]. Il s’attacha par la persuasion de plusieurs tribus berbères, fonda un ribat (sorte de couvent militaire) dans une île d’un fleuve ( Sénégal) ou plus probablement les îles de Tidra (actuelle Mauritanie), étendit sa domination par le jihad. Les Almoravides étendirent leur domination sur une immense partie du grand Sahara (Mauritanie, Sénégal, centre et sud du Maroc, ouest de l’Algérie).

Il mourut en 1059 en combattant contre les hérétiques Barghwata. Il fut enterré à Oued Krifla (commune de l’actuelle province marocaine de Khemisset).

Vidéo réalisé par Yassin Mabrouki

Sept Saints de Marrakech

Sept Saints de Marrakech

Tous ces saints étaient de grands savants en théologie islamique L’un d’entre eux se distingue cependant dans l’imaginaire des gens : Sidi Bel Abbès Sebti, considéré comme le véritable saint patron de la ville. Cet homme est le plus invoqué (les marchands de beignets lui dédient le premier fruit de leur travail et les paysans, leur première gerbe de blé).

Voici une brève présentation de chacun des walis de la ville :

Sidi Bel Abbes Aussi appelé : Abou el Abbas Ahmed ben Jaafar el Khazraji. Origine : Originaire de Sebta. Education : Disciple de Cadi Ayyad, Il a vécu pendant 40 ans dans une grotte sur une colline du Guéliz, sans jamais pénétrer dans la ville. Il passa sa vie à soigner et défendre les faibles et les aveugles. Mort en : 1205 (601 de l’Hégire) Enterré à : cimetière de Sidi Marouk, près de Bab Taghzout.

Sidi Youssef Ben Ali Aussi appelé : Abou Yaakoub Youssef ben Ali. Origine : Yéménite, de Marrakech. Education : Il fut le brillant élève du Cheikh Abou Asfour. Signe particulier : Atteint de lèpre, il garda jusqu’à sa mort une immense foi en Dieu. Mort en : 1196 (593 de l’Hégire). Enterré à : Bab Ghmat.

Sidi Abdelaziz Tebbaâ Aussi appelé : Abou Fares Abdelaziz. Origine : Marchand de soie originaire de Fès. Education : Principal disciple de Sidi Ben Slimane. Signe Particulier : Il propagea l’éthique soufie dans les corporations d’artisans. Mort en : 1508 (914 de l’Hégire). Enterré : non loin de la Mosquée Ben Youssef.

Sidi Abdellah El Ghazouani Aussi appelé : Moul El Ksour Origine : Originaire de la tribu Gazouane. Education : Après avoir poursuivi ses études à Fès puis à Grenade, il s’installe à Marrakech pour compléter sa formation auprès de Sidi Abdelaziz Tabaa. Signes Particuliers : Le Sultan Sidi Mohamed Cheikh l’incarcéra à Marrakech, jaloux de sa bonne réputation auprès du peuple. Il sera libéré quelques années plus tard. Mort en : 1528 (934 de l’Hégire) Enterré : non loin de la Mosquée Mouassine.

Sidi Ben Slimane Aussi appelé : Sidi Mohammed ben Slimane ben Said al Jazouli. Origine : Originaire de Souss. Education : Il fut inscrit à la Médersa Essaffarine de Fès où il excellait dans les hadiths. Signes Particuliers : Il est le fondateur du soufisme marocain en vue d’une mobilisation contre l’invasion ibérique. Il est l’auteur du célèbre recueil de prières «Dala’il al-Khayrat » (les chemins des bienfaits). Il décéda en train de faire la prière. Mort en : 1465 (870 de l’Hégire) Enterré à : La zaouïa Jazoulia, au nord de la médina, à proximité de Dar-el-Glaoui.

L’Imam Souheili Aussi appelé: Abou el kassim, Abou zaid Abderrahmane ibn al Khatib Abou Amer ben Abi al Hassan Asbagh ben Houssine ben Saadoun ben Redouane ben Fattouh Souhaili. Origine : Originaire de Souhail, près de Malaga. Education : Fut ramené d’Espagne par Yacoub El Mansour. Signes Particuliers : Il est connu pour sa poésie soufie et son ouverture d’esprit Mort en : 1186 (582 de l’Hégire) Enterré : près de Bab Robb.

Cadi Ayyad Ben Moussa Aussi appelé : Abou Al Fadl Ayyad ben Amer Ben Moussa Ben Ayyad Ben Mohamed Ben Abdellah Ben Moussa Ben Ayyad Al Yahsob OU « Cadi de Grenade ». Origine : Yéménite, originaire de Sebta. Education : Eleve de Abou Abdellah ben Issa, de l’Imam Abou Abdellah ben Hamdine, de Abou Al Hassan ben Siradj et l’imam Abou Al walid Ibn Rochd. Signe Particulier : Il est le plus célèbre de l’école en Occident musulman : son amour du Prophète exprimé dans son ouvrage « Al-Chifaa » Mort en : 1149 (544 de l’Hégire) Enterré : près de Bab Aïlen. Comment s’effectue la ziara (visite)? La ziara se fait suivant un parcours circulaire : La « ziara » s’effectue dans l’ordre suivant : Sidi Youssef Ben Ali Cadi Ayyad Sidi Bel Abbès Sidi Ben Slimane Sidi Abdelaziz Tebbaâ Sidi Abdellah El Ghazouani Imam Souheili

 

Al qadi Iyad, Al-yahsubî

Al qadi Iyad, Al-yahsubî

Nous n’exagérons pas si nous affirmons qu’Al qadi Iyad est devenu presque inaccessible aux chercheurs en raison de ce que Dieu lui a accordé comme don de participation à l’ensemble des sciences et des arts. En effet, si tu l’envisages comme un lettré, sa contribution comme spécialiste du Fiqh (jurisprudence) est des plus substantielles ! Et si tu considères sa connaissance du hadîth, de l’histoire, de la langue…etc, il en sera de même. On a dit à son propos :« Sans ‘Iyâd, le Maghrib ne serait pas mentionné ».

Portant le nom de ‘Iyâd et le surnom d’Abû Al-fadl, son nom complet est : ‘Iyâd Ibn Mûsâ Ibn ‘Iyâd Ibn ‘Amru Ibn Mûsâ Ibn ‘Iyâd Ibn Muhammad Ibn Muhammad Ibn ‘Abdullah Ibn Mûsâ Ibn ‘Iyâd Al-yahsubî. En remontant la chaîne de sa généalogie, on découvre qu’elle aboutit à Yahsab Ibn Mâlik Ibn Zayd. Ce Yahsab est le propre frère de Dhû Asbah Al-Hârith Ibn Mâlik Ibn Zayd auquel aboutit la généalogie de l’Imâm Mâlik Ibn Anas (l’Imâm de Médine).

Donc, il est lié à l’Imâm Mâlik par deux filiations : La première, c’est par la doctrine (malikite) puisqu’il en est l’un des plus éminents représentants qui l’ont servi au Maghrib grâce à ses œuvres précieuses, notamment son Tartîb al-madârik wa tartîb al-masâlik lima‘rifati a‘lâmi madhhabi Mâlik » (ouvrage édité et disponible) et ses « at-tanbîhât al-mustanbata ‘lâ l-kutûb mudawwana wa l-mukhtalata » (manuscrit expliquant la Mudawwana de Suhnûn). La deuxième, sa filiation par le sang, à savoir son appartenance à la tribu de Himyar qui est issue des arabes du Yémen.

Sa naissance et sa formation Al qadi Iyad est né à Sibta (Ceuta) au milieu du mois de Sha‘bân en l’an 476 de l’Hégire. Il y a vécu dans la chasteté et la préservation, jouissant des plus nobles caractères, loué par ses actes et se paroles, réputé pour sa noblesse, son intelligence et son habilité. Il a étudié le savoir avec attachement et beaucoup d’application en bénéficiant de l’estime des plus grands maîtres parmi ceux qui possèdent la science et en les fréquentant assidûment, jusqu’à ce qu’il excelle à son époque, surpasse l’ensemble de ses pairs et atteigne dans les disciplines du savoir la maîtrise qu’on lui connaît. Connaissant ainsi par cœur le Livre de Dieu (Coran), il était l’un de ses spécialistes. Il ne cessait de le réciter en toute circonstance, joignant à cela une belle voix dans sa psalmodie, une grande connaissance de son exégèse en plus de l’étude de ses significations, de sa grammaire, de ses paraboles, de ses règles et de toutes les sciences qu’il a générées. Il faut dire que sa ville natale (Sibta) était à la fois une cité de la science grâce à sa position géographique qui lui a permis d’attirer beaucoup de savants et d’étudiants. Il a étudié dans sa cité le Coran avec ses sept lectures différentes. Il a aussi étudié la langue arabe et sa littérature, à partir des ouvrages fondamentaux, comme al-Fasîh de Tha‘lab, al-Amali d’Al-Qalî, al-Kâmil d’al-Mubarrad, Kitâb al-Jumal d’al-Zajjâjî, al-Wadhih d’Abû Bakr Az-zubaydî… Il a parfait ses études chez plusieurs maîtres éminents. Al qadi Iyad ne s’est pas contenté de la formation qu’il a reçu chez lui. A l’instar des étudiants et des jeunes chercheurs avides de connaissance,

Il est parti en Andalousie en 507 de l’Hégire pour parfaire ses connaissances et s’assurer de la validité de la méthode de transmission des Traditions et sa perfection chez lui. Cela en vérifiant l’authenticité des énoncés des Traditions qu’il a reçu de ses maîtres dans son pays natal… Son œuvre Al qadi Iyad nous a légué une œuvre vaste et riche qui compte, d’après les grands dictionnaires biographiques plus de trente titres dont ceux qui suivent. En Fiqh : Ajwibat ‘an An-Nawâzil : édition critique de Mohammed Ibn Shrifa, Ajwibat al-qurtubiyyîn : compilé par son fils à partir de ses notes, Al-a‘lam bi hudûd wa qawâ‘id al-Islam : édité et traduit en français par le Ministère marocain des Awqâf et d’autres. On cite aussi son précieux ouvrage Al-madârik, qui est une référence exposant la biographie des savants piliers de l’école malikite. En Hadîth : Al-ilmâ‘ fî dabti ar-riwâyât wa taqyîd al-samâ‘ : édition critique de Ahmad Saqr, Ikmâl al-‘ilm bi fawâid Muslim : c’est un complément du commentaire du Sahîh Muslim par son maître al-Mazirî sous le titre de : al-Mu ‘lim bi fawâid Muslim. Ce complément est publié dans une édition critique en 8 volumes par Yahyâ Ismâ‘îl… Sur le dogme : Kitâb al-‘aqîda. Ce livre est mentionné dans plusieurs sources bibliographiques. Mais l’érudit Ibn Tawit al-Tanjî soutient qu’il s’agit de son livre intitulé : al-a‘lam bi hudûdi qawâ‘id al-Islâm… En science d’As-sîra (biographie du Prophète (paix et salut sur lui)) : Ikhtisâr sharaf al-Mustafâ d’Abû Sa‘îd ‘Abdu-l-Mâlik Ibn Muhammad al-Wa ‘idh al-Nisaburî (M. 406H) et le fameux « Al-shifâ bi at-ta‘rîf bi huqûq al-Mustafâ » qui eut un succès impressionnant au Maghreb et qui témoigne du grand amour et du grand respect de l’auteur à l’égard du saint Prophète (paix et salut sur lui).

Sa mort Al qadi Iyad est mort au mois de Ramadan de l’an 544 de l’Hégire à Marrakech, au terme d’une vie riche et bien remplie. Sa tombe se trouve près de Bab Ilan à l’intérieur de la ville est encore visitée de nos jours. Il est d’ailleurs, considéré comme l’un des sept hommes auprès duquel on cherche les bénédictions, conformément au livre d’al-Yifrini : « Durrat al-hijal fi sab‘ati rijâl » et de celui d’Abû al-Fath Muhammad Ibn ‘Abdussalâm Busitta Amman : « Bulûgh al-Amal fî dhikri manâqib as-sâdâti sab‘ati rijâl »

Youssef Ibn Tachfine

Youssef Ibn Tachfine

Youssef Ibn Tachfine est un berbère sanhadjienne des Lemtouna, dont le berceau était dans l’Adrar. Les Lemtouna, nomades, parcourent surtout les régions désertiques qui s’étendent des oasis du Sud marocain au pays subsaharien. En 1048, les Lemtouna se coalisent sous l’impulsion d’un prédicateur malékite, Abdallah Ibn Yasin, et d’un chef local, son cousin Abou Bakr ben Omar, et fondent le mouvement almoravide. De ce mouvement est issue la dynastie almoravide. Youssef Ibn Tachfine, 3e imam et le 1er sultan des Almoravides, il règne de 1061 à sa mort en 1106.

Vers 1070, il fonde Marrakech6, qui devient la capitale de l’Empire almoravide ainsi que de plusieurs dynasties qui lui succèderont. C’est à partir de cette ville qu’il mène ses campagnes, notamment en péninsule Ibérique. En 1086, à la demande d’al-Mu’tamid ibnou Abade, Youssef Ibn Tachfine, alors sultan de la dynastie almoravide, vient en Espagne pour l’aider à affronter Alphonse VI, qui a envahi Saragosse. Il bat Alphonse le 2 novembre 1086 à Sagrajas (az-Zallàqa) avant de se retourner contre al-Mu’tamid. Il s’empare de Séville, de Grenade, d’Almeria, de Badajoz et finalement destitue al-Mu’tamid en 1091, l’envoyant en exil au Maroc, où il mourra quatre ans plus tard à Aghmat. Youssef occupe alors tout le territoire d’al-Andalus. Il jette son dévolu sur Valence, dont le futur roi, Rodrigo Diaz de Bivar, plus connu sous le surnom de Cid Campeador, se trouve à Saragosse.

En octobre 1092, une poignée d’éclaireurs almoravides arriva sous les murs de Valence. Ibn Djehaf (Cadi), membre d’un haut lignage yéménite, porté par la foule partisane, prit le pouvoir dans la ville après avoir fait assassiner al-Qadir. Rodrigo, qui séjournait alors à Saragosse, vint mettre le siège devant Valence et reprit la ville en juillet 1093. Youssef capitule momentanément, partant chercher des renforts avant d’envahir à nouveau Valence. Habileté politique ou mentalité de guerrier, Rodrigo, ne semble pas avoir aspiré à y exercer directement le pouvoir. Il laissa le soin de gouverner la ville à Ibn Djehaf, la veille encore insoumis, et se contenta, installé dans le château de Cebolla (Puig), de percevoir l’impôt. Rodrigo imposa un nouveau siège, extrêmement sévère, à la ville en juillet 1094. Après avoir vainement attendu un dernier secours, Valence, décimée par la faim, capitula le 15 juin 1094. Les conditions de l’occupation furent d’abord clémentes. On respecta la propriété des biens et la liberté du culte, les armées chrétiennes restèrent extra-muros, l’impôt fut habilement limité, comme le faisaient, au fur et à mesure de leur progrès, les Almoravides, à la dîme coranique. Rodrigue lui-même prit demeure dans le faubourg de l’Alcudia. Le Castillan renforçait néanmoins considérablement sa présence et il s’institua en outre juge suprême des Valenciens. Les choses s’aggravèrent après une nouvelle offensive almoravide, en octobre 1094.

L’ennemi vaincu, les chrétiens durcirent le régime d’occupation à proportion du péril. Ibn Djehaf, traduit en justice pour l’assassinat d’al-Qadir, fut brûlé vif. Les musulmans, à l’exception de quelques notables, durent s’installer dans les faubourgs tandis que les chrétiens se logeaient dans les murs. L’armée almoravide arrive jusqu’à Lisbonne la même année. En 1098, Youssef est nommé Prince des musulmans, Défenseur de la foi et Envoyé du commandeur des croyants. En 1102, il conquiert à nouveau Valence, le Cid étant mort depuis 3 ans, battant sa femme Chimène, ainsi que la partie septentrionale d’al-Andalus. Son expansion s’arrête alors à la vallée de l’Èbre. Il nomme son fils Ali héritier du trône.

Youssef meurt en 1106. Son mausolée se trouve à Marrakech au Maroc, près de la mosquée Koutoubia. Il était un homme pieux il demandait l’avis des savants avant de prendre n’importe quelle décision. Il etait détachait de la vie d’ici bas il mangeait le pain d’orge avec le lait fermenté et il s’habillait de laine

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